Champs : 3- Rues de Pondichéry |
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(documents bruts pour) Fragments d'histoire... PONDICHERY ou PONTICHERY, (Géog. mod.) Ville détruite des Indes orientales, sur la côte de Coromandel, à la bande de l'est de la presqu'île des Indes, en - deçà du Gange. Cette ville étoit grande, fortifiée régulierement, & avoit ses rues tirées au cordeau. Les maisons des Européens y étoient bâties de brique, & celle des Indiens de terre enduite de chaux. Pondichery étoit le plus bel établissement qu'ait eu aux Indes orientales la compagnie françoise; cet établissement ne contenoit pas seulement les marchandises que fournit la côte de Coromandel, il servoit aussi d'entrepôt pour toutes celles qui s'enlevent de Bengale, de Surate, & de toute la côte de Malabar. Les marchandises qui se fabriquoient à Pondichery même, étoient des toiles de coton blanches : les toiles peintes qui s'y vendoient, se tiroient de Masulipatan, & en portent le nom; celles qu'on y tiroit d'ailleurs, étoient des étoffes de soie, des mouchoirs de coton. (Notice de l'Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société de gens de Lettres (1751-1772)
La richesse de l'Inde dans le Journal d'Ananda Ranga Pillai : « M Duquesne écrit qu'il y a beaucoup de temples à Tanjore et que les rues, les routes, les bois et la fertilité générale dépassent ce que nous avons en Europe. Est-ce une si belle région que ça ?» La rencontre avec les Européens La fortune a, dit-on, des temples à Surate.
Les compagnies : philosophie, généralités L'histoire des compagnies des Indes est représentative des transformations structurelles de l'Occident des Temps modernes quand les Découvertes et le développement des échanges font éclater les coutures de l'ordre féodal (la trifonctionnalité européenne : oratores, bellatores, laboratores). Cette mutation est économique, religieuse et culturelle. A l'origine des Bourses de valeurs d'aujourd'hui, les compagnies des Indes sont le prototype des sociétés par actions. Elles expriment la montée en puissance du Tiers ordre. Cette mutation économique modifie aussi la configuration de la foi. La religion réformée nest pas seulement la religion des marchands, cest celle dans laquelle le clergé cesse, non seulement dêtre le premier des trois ordres, mais cesse dêtre un ordre ("Tout baptisé peut se vanter d'être consacré prêtre, evêque et pape..., dit Luther). Clé de voûte et légitimité de la trifonctionnalité, lEglise est attaquée dans son dogme et dans son rôle de justification sociale. La péremption de l'opposition entre "spirituels" et "temporels", désacralisation du métier de prêtre, vaut aussi infirmation de la valeur opératoire des symboles et déplacement du champ du religieux vers la sphère de l'activité mondaine. De fait, les lignes se déplacent : le commerce maritime ne déroge pas, les bourgeois prennent terre et certains ordres religieux se mettent au commerce et à la banque.
Canon aux armes de la Vereenidge Oost Indische Compagnie, chambre dAmsterdam Privilège de la Compagnie de Suède, 1731 L'aventure maritime a pour objet le contrôle du commerce des produits d'Asie. Après la chute de Constantinople (1453), les produits de lOrient arrivent en Occident par la mer Rouge et lEgypte. Locéan Indien est alors le lieu d'échanges reliant la Chine, la Malaisie, l'Inde, la péninsule arabique et l'Afrique de l'Est. Malacca et Ormuz sont les deux principaux pôles de cette activité maritime rythmée par le régime des moussons. Si le doublement du Cap de Bonne Espérance a pour conséquence, au plan européen, la prise de contrôle de ce commerce par le Portugal au détriment de Venise, ses conséquences sont aussi régionales et mondiales. L'arrivée des Portugais dans l'océan Indien va bouleverser les échanges régionaux et mettre en relation les "deux Indes", l'argent du Nouveau monde servant à l'acquisition des productions de l'Orient. Les compagnies des Indes orientales, en effet, achètent, à Cadix, Amsterdam ou Bayonne, le métal provenant des Amériques pour acquérir les biens qu'elles importent en Europe. "L'Inde, a pu dire un contemporain, est le tombeau de l'argent."
Découvert en 1545, le site minier de Potosí, avec sa Casa de la Moneda où était frappé l'argent, fut le plus vaste complexe industriel du XVIe siècle. En 1610, la ville, aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, comptait 160 000 habitants. Deux milliards donces dargent ont été extraites du Cerro Rico durant la colonisation espagnole. A la fin du XVIe siècle la production du Pérou représentait la moitié de la production mondiale (la technique de l'amalgame utilisée, du mercure ayant été découvert dans les Andes, permettait une exploitation plus complète du minerai l'argent est dissous dans le mercure, éliminé par distillation). Chaque année une flotte rentrait en Espagne chargée des métaux précieux (et des marchandises apportées par le "galion de Manille").
Cette aventure maritime par le Cap de Bonne Espérance est dabord portugaise. Elle associe l'exploration et la recherche de biens précieux. La progression des navigateurs portugais vers le sud est marquée par des installations permanentes à visée commerciale, l'or, l'ivoire et les esclaves constituant les biens traités. En 1488, le doublement du Cap des Tempêtes, devenu le Cap de Bonne Espérance, ouvre la route des épices. La supériorité navale des portugais leur permet de contrôler rapidement les routes maritimes de l'océan Indien. Ils prennent possession de Goa (où Albuquerque est acclamé par la population hindoue), s'installent à Ormuz, puis à Malacca (1511). C'est une thalassocratie qui se met en place. D'après Haudrère (2006, p. 93), "depuis l'ouverture de la route du Cap [...] durant trois siècles, 10 000 à 11 000 vaisseaux européens furent envoyés dans l'océan Indien et en mer de Chine". Cette prééminence des marines occidentales est un trait constant de l'expansion coloniale en Orient. "Quiconque est maître de la mer a ung grand pouvoyr sur la terre" (Isaac de Razilly). L'armement des navires de commerce arabes, goudjeratis ou chinois est limité par leur mode de construction et l'empire de la mer ne paraît pas constituer un objet politique pour les puissances en cause. Comme l'exprime justement Bahadur Shah : "Les batailles navales sont des affaires de marchands, elles n'ajoutent rien à la gloire des rois" (cité par Haudrère, 2006, p. 24). Évolution caractéristique des Temps modernes : c'est par la maîtrise de la mer que la gloire des marchands va supplanter celle des rois la concurrence des nations européennes s'exprimant d'ailleurs dans la confrontation de leurs marines. La philosophie des compagnies de commerce, c'est évidemment celle du profit. "Il n'y a rien au monde de plus efficace, dira Jan Pieterszoon Coen, gouverneur hollandais, que la puissance et la force ajoutées au droit", démontrant la détermination des marchands avec le massacre de Djakarta. Le métier des affaires se subordonne les autres : la compagnie anglaise déclare toujours préférer "un marchand peu expérimenté en navigation à un navigateur peu habitué au commerce" (cité par Haudrère, 2006, p. 61) et La Bourdonnais rappelle "la nécessité pour la Compagnie d'avoir des employéz aussi intelligents que fidèles [...] [et] mal pour mal [dans la difficulté de les trouver ensemble estime que] mieux vaut être exposé à l'intelligence de son employé qu'à la merci d'une fidélité ignorante" (L. 24). Le mémoire de Georges Roques, employé de la Compagnie des Indes et familier des métiers du textile, La manière de négocier aux Indes, 1676-1691, témoigne des spécificités du négoce en Orient. L'art de faire du profit n'est pas seulement une industrie à part entière, c'est, déplacement des valeurs significatif du temps, un état qui le dispute en dignité à tous les autres et en particulier à la noblesse : "Permettez-moi de vous dire, argumente la revue le Spectator (qui paraît de 1711-1714) que nous autres marchands, nous sommes une espèce de noblesse qui a poussé dans le monde au siècle dernier [...] Car vos affaires [à vous autres nobles], en vérité, ne s'étendent pas plus loin qu'une charretée de foin ou qu'un buf gras [...] Il est parfaitement exact qu'un marchand accompli est ce qu'il y a de mieux comme gentilhomme dans la nation". (n° 174, cité par Paul Hazard, 1961 : 308) Le sens de l'honneur a changé de camp : "les duels, philosophera Emmanuel Kant dans ses Observations sur le sentiment du beau et du sublime, misérables restes des fausses idées que [la chevalerie] se faisait de l'honneur, sont des sottises"... Le doublement du Cap de Bonne-Espérance et la découverte de l'Amérique ouvrent une ère de prospérité pour le Vieux Monde. Deux mouvements, opposés et complémentaires, ayant l'acquisition de métaux précieux et la circulation des marchandises pour objet, l'un vers le Nouveau Monde l'autre vers le Haut Orient assurent la circumnavigation du globe et les échanges d'une première mondialisation. L'Inde mystérieuse constitue alors l'autre pôle de cette circumnavigation permise par les progrès de la navigation et de la construction navale au XVIIe et XVIIIe siècle, ce Haut Orient qui fait pendant à l'Eldorado du Nouveau monde. Mais c'est moins le fabuleux métal ("que Cipango [était supposé mûrir] dans ses mines lointaines") qu'une activité économique ancienne et diversifiée qui attire les marchands. Le 21 mai 1498, la flotte de Vasco de Gama arrive à Calicut, quarante navires arabes sont au mouillage dans la rade et les Portugais sont éblouis par les richesses de la ville. La maîtrise de la mer confère pour un siècle au Portugal le monopole sur le commerce asiatique. Mais ce monopole allait être contourné par les marins et les marchands hollandais et anglais, qui s'étaient ouvert une route vers l'Asie. En 1602, deux marchands néerlandais sont pendus par les autorités portugaises de Goa pour avoir tenté d'acheter du poivre. Les Britanniques fondent une East India Company en 1600, les Pays-Bas la Vereenigde Oostindische Compagnie (Compagnie unifiée pour le commerce des Indes orientales), en 1602, le Danemark en 1616, la France en 1664 L'Europe est en concurrence pour le commerce aux Indes. C'est la fiancée autour de laquelle nous dansons, selon la formule des directeurs de la Compagnie hollandaise (citée par Philippe Haudrère, 1991 : 20). Avant l'arrivée des Européens, le Coromandel connaît, grâce notamment à une maîtrise des techniques d'irrigation, une riziculture et une agriculture prospères ainsi qu'un artisanat florissant (filage, tissage, impression de cotonnades, arts de la construction, orfèvrerie). Le port de Masulipatam, point de rencontre du commerce d'Asie, d'Afrique et d'Indonésie verra la première installation des Hollandais, puis des Anglais qui feront de Madras le centre d'un trafic qui se développera vers le Nord, jusqu'au Bengale, et vers le Sud. Au début du XVIIe siècle, les Danois s'installent à Tranquebar puis à Pondichéry pour le commerce des toiles. Pondichéry, point de rassemblement pour le commerce vers l'Europe, est imaginée et planifiée par les Compagnies maritimes à la fois comme un entrepôt tourné vers la mer et un lieu de production (comme l'était probablement la factorerie romaine). Sur tous les vieux plans, note M. V. Labernadie (Le vieux Pondichéry, 1674-1815, Histoire d'une Ville Coloniale Française, Thèse pour le Doctorat d'Université, Pondichéry, 1936), Pondichéry est orienté est-ouest (et non nord-sud comme il devrait l'être). Les Français fondent donc en 1664 la Compagnie royale des Indes. Après diverses tribulations, une tentative d'établissement à Surate et l'expédition de l'escadre de Perse commandée par Blanquet de la Haye, un chef local, Sher Khân Lodi, offre aux Français la disposition d'un terrain à Pondichéry. C'est François Martin qui, après avoir séjourné trois années à Madagascar (voir : La Case, les Sorabe, l'Histoire), se consacrera, à partir de 1674, à la fortification de la place pour la protection des entrepôts et pour assurer la sécurité des artisans travaillant pour la Compagnie, l'arrière-pays étant troublé par les luttes entre les princes locaux et les mouvements des troupes Marathes. À sa mort, en 1706, la place de Pondichéry, rendue à la Compagnie par le traité de Ryswick après l'occupation hollandaise en 1693, ayant acquis le droit de battre monnaie, peut devenir la base des intérêts de la Compagnie dans le commerce asiatique. Robert Challe, Journal d'un voyage fait aux Indes orientales, II, Août 1690 - août 1691 Du samedi 12 août 1690 Le vieux Pondichéry "Au début du XVIIe siècle, les Danois s'étaient, pour y faire le commerce des toiles, établis dans l'Inde d'abord à Tranquebar (vers 1618), puis à Pondichéry. Bien que nous n'ayons aucune certitude sur la date de leur arrivée dans ce dernier lieu, ni sur celle de leur départ, l'existence de l'un de leurs comptoirs nous y est formellement certifiée par les Mémoires de François Martin. "Les Danois y ont pourtant été établis, on y voit encore les restes d'une maison qu'ils y ont fait bâtir. Je n'ai pas su les raisons qui les ont portés à s'en retirer." [...] En 1654, Samson d'Abbeville, géographe ordinaire du roi, mentionne dans son ouvrage "Puducheira". En 1658, le Hollandais Gautier Schouten parle de "Poule-Céré". Toutes ces appellations désignent chaque fois nettement ce même coin de la côte de Coromandel, où les indigènes travaillaient à la fabrication de toiles. Nul doute qu'après le départ des Danois ils n'aient souhaité la venue d'un nouvel agent européen, qui pût leur servir d'intermédiaire pour le commerce avec l'Occident. Leurs maîtres successifs, Hindous d'abord, Musulmans ensuite, firent en 1661 et en 1664 diverses tentatives pour attirer les Hollandais. 4 février 1673 : installation officielle des Français à Pondichéry. (11) En 1683, chargement à Pondi du premier navire arrivant directement de France, le Saint François d'Assise : assortiment de guinées, bétilles et salempoures, toiles de consommation courante en France. (27) Présentation : Planches : Galeries : |
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